Quelques impacts de la Covid-19 sur le secteur agroalimentaire

Panorama global

Principales données sur l’industrie mondiale de l’alimentation et des boissons :

  • Le chiffre d’affaires du secteur des aliments et boissons devrait atteindre 237 milliards de dollars américains en 2020.
  • Les revenus devraient afficher un taux de croissance annuel (TCAM 2020-2024) de 10,7%, ce qui se traduirait par un volume de marché prévu de 355 milliards de dollars américains d’ici 2024.
  • Le revenu moyen par client (ARPU) devrait s’élever à 227 $ US.
  • la plupart de ces revenus seront générés en Chine (152 milliards de dollars en 2020).

Avant la pandémie de Covid-19, les principaux facteurs de croissance de l’industrie des aliments et des boissons étaient l’augmentation du nomadisme des consommateurs, le boom des aliments prêts à manger et du snacking, la dynamique démographique, la hausse du revenu par habitant et par l’évolution des modes de consommation. Depuis, c’est bien évidemment la fermeture des restaurants et les confinements qui affectent fortement l’industrie alimentaire.

Premiers effets de la crise sanitaire

Le rapport sur l’industrie mondiale de l’alimentation et des boissons du groupe M&A WW Agri, Food & Beverages montre que l’épidémie de Covid-19 a eu plusieurs impacts sur les différents segments de l’industrie agro-alimentaire et ce dans toutes les régions du monde, l’Asie-Pacifique et l’Europe ayant été les plus touchées avec des restaurants, cafés et bars entièrement fermés dans certaines régions.

  • Les acteurs de la livraison en ligne et la nourriture à emporter ont pu poursuivre leur activité et se développer.
  • L’industrie des aliments et des boissons emballés a connu et connaît toujours une augmentation de la demande, tout comme les aliments et les boissons de longue conservation, y compris les produits laitiers (effet du stockage des consommateurs par crainte de pénurie).
  • Les chaînes d’approvisionnement industriel ont été largement affectées par la pandémie : Coca Cola a par exemple subi des retards dans son approvisionnement en matières premières en provenance de Chine.
  • Alors que l’Amérique du Nord et du Sud, l’Europe, l’Inde, la Russie font face à une deuxième vague du virus, avec un nombre croissant de personnes infectées, les contrôles de sécurité alimentaire et les restrictions sur les sorties des personnes continuent d’avoir de lourdes conséquences sur le secteur.

Un contrôle des risques accru avec des impacts non négligeables sur l’activité  

  • Dans le secteur de la vente alimentaire au détail, les contraintes ont été renforcées : encourager les options de paiement sans contact, minimiser la manipulation des espèces et des cartes de crédit, désinfecter les surfaces fréquemment touchées par les clients, limiter le nombre de clients, installer des sens de circulation, mettre en place des protections supplémentaires, favoriser la vente en ligne et le click and collect etc.
  • Au niveau du secteur industriel alimentaire, les effets directs du virus sur la main d’œuvre ont joué.
  • Les restaurants et bars ont connu une baisse drastique de leurs revenus, entre les fermetures et les nouvelles contraintes (règles d’hygiène renforcées aussi bien pour les équipements et les ustensiles que le lavage des mains, la séparation des aliments crus et cuits etc.). Résultat : ces établissements ont essayé de s’adapter en boostant la livraison et les plats à emporter. Certaines des grandes chaînes de restauration / fast-food ont même cessé leurs activités ou ont été acquises par des concurrents, en particulier au Japon, en Europe et en Amérique du Nord.

France : la pandémie a profondément remodelé les modèles de gouvernance des entreprises et les moteurs des investissements

L’économie française a été mise en quarantaine pendant deux mois du 15 mars au 10 mai 2020 puis de nouveau, à moindre degré cependant, en novembre. La production (PIB) a fortement diminué de – 60% en avril vs 2019 (référence Banque de France) et le PIB pour l’exercice 2020 est estimé à – 10 % par rapport à l’année dernière.

En septembre, seul le bâtiment et la construction avaient retrouvé leur niveau d’activité de février 2020 grâce à un portefeuille bien orienté de commandes. Les autres branches restent en difficulté. Parmi les industries, la restauration a confirmé être un secteur non cyclique avec « seulement » -5% par rapport à la tendance historique.

Au global, l’industrie agroalimentaire a donc été diversement impactée suivant l’état de ses drivers :

  • Des conséquences négatives liées à la baisse des approvisionnements de la filière restauration.
  • Une dynamique en partie maintenue grâce à l’activité des supermarchés et autres magasins alimentaires.
  • Des changements entraînés par la forte accélération de cette 3e chaîne de consommation qu’est la livraison à domicile.

Plus globalement, cette situation inédite a contribué à encore modifier les perceptions de ce que pourrait être notre avenir sur la planète bleue, face aux changements climatiques et au virus : la « croissance durable pour tous » est devenue le leitmotiv de nombreux acteurs.

L’empreinte ESG prime désormais au sein de l’industrie agroalimentaire

En conséquence, les principaux moteurs pour les investisseurs appartiennent clairement aux sujets ESG. À la question « Quel type d’investissement social privilégier ? », 36% répondent spontanément l’environnement et 18% citent la gouvernance.

Le fonds ARDIAN a lancé en juin 2020 le « Rachat durable ». Eurazéo est prêt à devenir neutre en production de carbone d’ici 2040, avec le programme « O + ». BLACKROCK devrait investir à parts égales dans les entreprises ESG. Des centaines de sociétés de capital-investissement font désormais de ce marché leur cœur de métier (citons Raise Impact, Déméter, Pléiades etc.) tandis que les gérants d’actifs se positionnent de plus en plus sur les fonds ESG. En 2019 en France, les investissements ESG ont généré 1 861 milliards d’euros avec une croissance de 27% par rapport à 2018.

Cela démontre que, dans la crise actuelle, les investissements ESG présentent une plus forte résilience. Les opportunités d’investissement ESG constituent également le moteur des opérations de fusions et acquisitions d’entreprises, tout comme les sujets autour de l’alimentaire bio / sain comme le montre le tableau ci-dessous.

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