Interview : Jean-Paul GAUFILLET, Président d’IREPA LASER, revient sur sa levée de fonds accompagnée par MBA Capital Strasbourg

Pour réaliser ses ambitions et renforcer son expertise unique en France dans les domaines des procédés laser appliqués aux matériaux, IREPA LASER a souhaité s’entourer d’associés industriels dans le cadre de sa transformation en SCIC SAS (Société Coopérative d’Intérêt Collectif). MBA Capital Strasbourg s’est chargé de l’appel à projet pour convaincre un pool de 12 partenaires. Jean-Paul GAUFILLET, son Président, nous raconte l’histoire…

Quel est le champ d’application d’IREPA LASER ?

IREPA LASER existe depuis 1982, créée à l’époque à l’initiative de l’Université Louis Pasteur et portée par le Conseil régional d’Alsace. Notre métier consiste à accompagner les entreprises à intégrer les nouvelles technologies sur un secteur de niche que sont les procédés laser appliqués aux matériaux. Plus précisément, tout ce qui touche au soudage, à l’usinage de surface, à la fabrication additive ou à l’impression 3D dans le domaine des métaux. Nous réalisons pour eux des missions de prestations de service de type consulting, travaux expérimentaux ou encore R&D collaborative. IREPA LASER propose également un volet formation. Parallèlement, 30% de notre activité se concentre sur la R&D en propre. Dans ce cadre-là nous répondons à des appels à projets publics régionaux, nationaux et européens.

Les technologies sur lesquelles vous intervenez ont-elles déjà trouvé leur marché ?

Les situations sont très hétérogènes. La découpe laser s’est largement démocratisée y compris dans de nombreuses PME. Le soudage laser est bien implanté dans l’industrie automobile. En revanche, d’autres technologies restent pour le moment plus confidentielles. C’est le cas de la fabrication additive dont l’aéronautique commence à s’emparer. A mon sens, les perspectives de développement sont immenses, mais cela va nécessiter de repenser au préalable l’ensemble des savoir-faire en conception, ainsi que la filière, de la formation des ingénieurs aux bureaux d’études. Et cela va nécessairement prendre du temps. Nous avons déjà collaboré avec des sous-traitants de l’aéronautique qui reconstruisent ou réparent des pièces à l’aide de cette technologie. Nous communiquons beaucoup sur les réseaux sociaux, ce qui est une gageure dans notre domaine, mais avec des résultats car des industriels nous sollicitent par ce biais et nous challengent sur des problématiques technologiques.

Comment avez-vous connu MBA Capital Strasbourg ?

Nous avions eu l’occasion de travailler avec Pascal KIM sur un autre sujet, lorsque j’avais souhaité mettre à plat notre vision stratégique, avec la participation des collaborateurs, pour lui donner un sens commun. Face aux perspectives de croissance que nous souhaitions engager, j’estimais utile de recadrer cette vision et nos valeurs, et de permettre à ce que chacun ait la possibilité d’apporter sa pierre à l’édifice.

Est-ce que vos réflexions sur la création de la SCIC ont démarré à ce moment-là ?

Pas du tout, j’ai ce projet en tête depuis 2005/2006. A l’époque, ce n’était pas vraiment dans l’ère du temps et certains pensaient que personne ne souhaiterait investir sans attendre de dividendes et sans valorisation du capital. Fin du premier épisode ! Plus récemment, nous avons remporté un important projet développement dans le domaine de l’impression 3D métallique avec construction de machines, financé par la BPI. Mais il convient de préciser que le financement BPI se compose d’une petite partie de subvention et une grande part d’avance remboursable. Face à notre besoin de trésorerie, j’ai jugé le moment opportun pour envisager à nouveau un statut de SCIC.

Et c’est là que MBA Capital Strasbourg est à nouveau intervenu ?

Ma problématique a toujours été de disposer d’une trésorerie suffisante pour le bon fonctionnement d’IREPA LASER. Des collègues du sud-ouest avaient franchi ce cap bien avant nous, et force est de constater que cela avait accéléré leur développement, jusqu’à pouvoir faire de la croissance externe. IREPA LASER a toujours été guidée par une vision business, mais parfois sans les moyens de ses ambitions. La région nous soutient beaucoup sur les investissements stratégiques et innovants, mais beaucoup moins sur la partie développement marketing/commercial/communication etc. Il nous fallait donc trouver des financements ailleurs.

Etant donné que j’avais déjà collaboré avec Pascal KIM, j’ai naturellement choisi de faire intervenir MBA Capital dans le cadre de la constitution du pool d’associés de la SCIC. Lorsque vous visez une certaine typologie de sociétés, posséder le bon contact est la clé. Nos interlocuteurs quotidiens sont du côté de la technique et de la R&D, alors que pour cette opération il fallait cibler le dirigeant. MBA Capital me paraissait bien mieux positionné pour cibler, solliciter les décideurs auxquels pré vendre le projet, sans compter que c’est un travail titanesque et que nous n’avions pas toujours le discours le plus adapté. La suite nous a donné raison. En alliant toutes ces compétences, nous avons réussi à convaincre les industriels et le tout en un peu moins d’un an, délai que nous nous étions fixé.

Qu’est-ce qui les a séduits dans votre projet ?

Indéniablement notre base technique. Nous sommes très bien référencés dans notre métier, jouissons d’un belle notoriété et avons à notre actif une réussite majeure en termes de création de startup (BeAM : N.D.L.R). Nous avons en outre structuré notre R&D depuis 4/5 ans avec un responsable de production, embauché il y a plus d’un an, pour organiser les projets. Au final c’est un tout. Et l’approche très business menée par MBA Capital a permis des retours spontanés lors de l’envoi du mémo puis d’autres se sont manifestés après des relances. MBA Capital faisait en sorte que certaines cibles nous rencontrent et je prenais ensuite le relais.

Quels bénéfices concrets les industriels associés vont-ils en retirer ?

On ne parle pas de retour direct, mais d’une dynamique collaborative gagnante qui se met en place sur le moyen/long terme. Par exemple, les constructeurs de machines associés peuvent intervenir dans le cadre de nos demandes clients sur la partie industrialisation. D’autres peuvent intégrer avec nous des projets européens en cours de montage. Et toutes ces synergies sont d’ores et déjà à l’œuvre puisque nous menons un travail de développement expérimental avec un des associés, tandis qu’un partenariat est en cours avec un autre industriel du pool pour aller vendre ensemble des solutions technologiques aux constructeurs automobiles en Allemagne. Cela illustre à mon sens le changement d’état d’esprit des entreprises qui tendent de plus en plus vers des logiques collaboratives ou partenariales. Les industriels commencent à comprendre qu’ils n’ont plus les moyens de mener en propre des développements expérimentaux, et qu’il sera profitable à tous de s’appuyer sur des structures comme les nôtres, voire sur des plateformes labos, pour pouvoir bénéficier du meilleur tissu de recherche scientifique. Et c’est ce qui a été compris par nos nouveaux associés !

Merci Monsieur GAUFILLET. Un dernier mot pour conclure ?

La forte expérience industrielle de MBA Capital Strasbourg a facilité cette opération. Pascal KIM et Bertrand KNIPPER de MBA Capital ont toujours recherché des solutions concrètes, sans essayer de nous freiner face aux difficultés. De par cet état d’esprit, ils sont des partenaires précieux lors des opérations complexes.

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